Les théories contractuelles de la firme qui assimilent la coopération à une forme hybride de coordination entre le marché et la hiérarchie conduisent à une éviction du problème de l’organisation industrielle. Elles ignorent, en effet, les problèmes relatifs à la coordination des activités et à la prise de décision, ne permettant pas de comprendre la réelle dimension des stratégies coopératives. De plus, l’appréhension de la firme en tant que nœud de contrats conduit à brouiller les frontières de l’entreprise (P. Garrouste, 1997).

L’analyse de G.B. Richardson de 1972 va permettre de dégager les bases d’une théorie de l’organisation de l’industrie fondée sur la coordination des activités. Il invite à concevoir la coopération interfirmes, non comme une forme d’organisation intermédiaire, mais comme un élément de la division institutionnelle du travail, distinct de la hiérarchie et du marché. A partir du concept de capacité, l’auteur établit une relation entre les activités et les institutions dotées de ces capacités, et fournit ainsi les premiers éléments d’une théorie de l’organisation industrielle. Son analyse permet alors de se détacher d’une logique marchande (coûts de transaction) pour adopter une logique productive (activité, capacité, compétence). L’auteur fait ainsi figure de fondateur dans la réflexion sur la nature de la coopération interentreprises en parvenant à mettre en lumière la nécessité d’une coordination ex ante échappant à la firme et au marché. Il répond donc au paradoxe de la coopération soulevé par R. Coase (1937).

[1] P. GARROUSTE « Les frontières de la firme » Paris, Economica, 1997, 180 pages.

[2] R. COASE « The nature of the firm » Economica, November, 1937, N.S. 4. Traduction française « La nature de la firme » Revue Française d’Economie, 1987, n°11, pp. 133-163.