G.B. RICHARDSON

09 mai 2006

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Cette page est dédiée aux travaux de G.B Richardson et plus généralement ce que l’on considère comme l’économie des compétences

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Pour l’analyse des concepts d’activité et de capacité, les théories institutionnelle de la firme, les théories de l’organisation, des références téléchargeables…

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27 mars 2005

Le problème de la division du travail entre marché et fime:une réanalyse

Les théories contractuelles de la firme qui assimilent la coopération à une forme hybride de coordination entre le marché et la hiérarchie conduisent à une éviction du problème de l’organisation industrielle. Elles ignorent, en effet, les problèmes relatifs à la coordination des activités et à la prise de décision, ne permettant pas de comprendre la réelle dimension des stratégies coopératives. De plus, l’appréhension de la firme en tant que nœud de contrats conduit à brouiller les frontières de l’entreprise (P. Garrouste, 1997).

L’analyse de G.B. Richardson de 1972 va permettre de dégager les bases d’une théorie de l’organisation de l’industrie fondée sur la coordination des activités. Il invite à concevoir la coopération interfirmes, non comme une forme d’organisation intermédiaire, mais comme un élément de la division institutionnelle du travail, distinct de la hiérarchie et du marché. A partir du concept de capacité, l’auteur établit une relation entre les activités et les institutions dotées de ces capacités, et fournit ainsi les premiers éléments d’une théorie de l’organisation industrielle. Son analyse permet alors de se détacher d’une logique marchande (coûts de transaction) pour adopter une logique productive (activité, capacité, compétence). L’auteur fait ainsi figure de fondateur dans la réflexion sur la nature de la coopération interentreprises en parvenant à mettre en lumière la nécessité d’une coordination ex ante échappant à la firme et au marché. Il répond donc au paradoxe de la coopération soulevé par R. Coase (1937).

[1] P. GARROUSTE « Les frontières de la firme » Paris, Economica, 1997, 180 pages.

[2] R. COASE « The nature of the firm » Economica, November, 1937, N.S. 4. Traduction française « La nature de la firme » Revue Française d’Economie, 1987, n°11, pp. 133-163.


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09 mars 2005

L'information secondaire: une fonction de la nature des accords

Selon G.B. Richardson, l'accès à l'information secondaire est une fonction de la nature des accords économiques (collusion : les membres du système planifient leurs activités ensemble) ou du système postulé (système économique planifié : les membres du système renoncent à leur indépendance en se mettant sous les ordres d'une autorité centrale qui décide et planifie les activités de chaque entreprises). Autrement dit, les conditions nécessaires pour obtenir une telle information sont incompatibles avec une hypothèse de concurrence parfaite. Si la collusion et la planification centralisée sont exclues parce qu'étant en contradiction avec la libre concurrence, comment l'entrepreneur va-t-il accéder à l'information relative aux activités projetées par les entreprises qui lui sont concurrentes ou complémentaires? Ainsi si l'on suppose, comme le font les néoclassiques, un univers de concurrence pure et parfaite, le processus de formation d'attentes réciproques cohérentes pose problème car la structure de communication interdit aux joueurs de se répartir les tâches. Les choix d'investissement sont donc effectués dans une ignorance plus ou moins grande de ce que seront les investissements concurrents et complémentaires. Une telle ignorance peut conduire à des excès d'offre ou à des excès de demande constituant ainsi une menace pour la profitabilité de la firme (J.L. Gaffard, 1995). Les acteurs risquent alors de ne pas parvenir à un degré de coordination satisfaisant. « Il faut pour y parvenir que les joueurs puissent s'entendre, et qu'ils découvrent les schémas de comportements individuels qui permettent à chacun d'entre eux de prévoir les réactions de l'autre » T.C. Schelling (1960, p.113).

En mettant l'accent sur la dispersion de l'information, G.B. Richardson (1959) introduit la notion d'incertitude liée à la simultanéité des investissements. L'incertitude n'est donc pas seulement liée à l'insuffisance prémonitoire du décideur quant au futur, mais provient de l'ignorance du joueur quant à l'attitude que les autres adopteront. Il relève que l'équilibre n'est pas assuré simplement par l'existence d'un ensemble d'activités économiques, mais aussi par leur coexistence avec un ensemble de croyances. Un tel constat conduit l'auteur à affirmer qu'un système décentralisé ne pourra fonctionner que dans la mesure où les acteurs auront les moyens d'accéder à une information secondaire. Ainsi, la distinction opérée par G.B. Richardson entre information primaire (contrôlée) et information secondaire est une aide considérable dans l'analyse du problème de la communication et de l'interdépendance des décisions dans le contexte d'une économie de marché où il est impossible de disposer d'une information complète. Un tel constat nous amène à remettre en question le rôle de l'information prix dans le processus de prise de décision.

[1] J.L. GAFFARD « Information, coordination et organisation de l'industrie » pp. 1-10 dans A. ASQUIN J.L. GAFFARD ET M. RAINELLI « Les nouvelles formes organisationnelles » Paris, Economica, 1995, 290 pages.

[2] T.C. SCHELLING« Stratégie du conflit » Paris, PUF, 1960, 312 pages.

[3] G.B. RICHARDSON « Equilibrium expectations and information » The Economic Journal, June 1959, vol. 69, pp. 223-237.


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Information primaire et information secondaire

Le concept d'équilibre fondé sur l'hypothèse de concurrence pure et parfaite est sans doute le plus fondamental de l'analyse néo-classique. Cependant, selon G.B. Richardson (1959), l'élimination des imperfections rend difficilement concevable l'activité économique. L'auteur affirme qu'aucune activité ne pourra être entreprise si l'entrepreneur ne détient pas ce qu'il appelle "information primaire" et "information secondaire". « The agent must therefore have adequate primary information about his own preferences and the more or less technical relationships to which his plans run counter, as well as adequate secondary information about what other people, whose actions concern him, may or may not do » G.B. Richardson (1959, p.225). « we argue that no activities will be undertaken or maintained unless they are compatible, first, with the particular constraints imposed by the assumed environment, and secondly, with the objectives of the agents » G.B. Richardson (1959, p.223-224).

Il désigne par "information primaire", l'information disponible sur les possibilités techniques et sur l'état des préférences des consommateurs. Il définit "l'information secondaire", appelée également information de marché, comme l'information associée aux activités projetées par les entreprises avec lesquelles l'entrepreneur est économiquement relié. L'auteur précise alors que si "l'information primaire" se caractérise par son indépendance vis-à-vis du type ou de la structure du marché, "l'information secondaire", au contraire, dépend de la structure des systèmes de communication du marché et de ce que les firmes en interrelations peuvent faire à l'intérieur de ce système.

L'information de marché est difficile à obtenir car l'entrepreneur n'est pas instantanément informé des décisions d'investissements envisagées par les autres (délai de transmission de l'information qui génère une incertitude), et parce qu'il existe un décalage temporel entre la mise en œuvre de l'investissement et la production qui s'y rapporte (délai de constitution ou de gestation de la capacité productive qui génère des coûts irrécouvrables) (P. Dulbecco, 1994).

[1] G.B. RICHARDSON « Equilibrium expectations and information » The Economic Journal, June 1959, vol. 69, pp. 223-237.

[2] P. DULBECCO « La coopération comme mécanisme de coordination temporelle » Revue d'Economie Politique, 1994, vol. 104, n°4, pp. 517-537


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07 mars 2005

La dispersion de l'information: une contrainte en matière de déision d'investissement

« Dans de nombreuses situations, la possibilité pour l'un des participants de parvenir à ses fins dépend dans une large mesure des choix et des décisions de son vis-à-vis » T.C. Schelling (1960, p.18), « la théorie des jeux s'intéresse à des situations, les jeux de stratégie par opposition aux jeux d'adresse et de hasard, dans lesquelles chacun des participants essaie de déterminer son meilleur choix en fonction des réactions possibles de l'adversaire » T.C. Schelling (1960, p.23). Il est possible de rapprocher cette situation de la problématique inhérente à la décision d'investissement.

Tout investissement qui est réalisé dans l'économie est à la fois complémentaire et concurrent d'autres investissements. « In other words, it is of the essence of competitive system that the profits opportunities open to one seller depend on the actions proposed by others (…) » G.B. Richardson (1959, p.230). Les investissements sont dits concurrents dès lors que la profitabilité de l'un est diminuée par la mise en œuvre d'autres investissements. Ceux-ci sont dits complémentaires lorsqu'ils dégagent un profit supérieur en étant combinés plutôt qu'en étant organisés de façon indépendante. Ainsi un entrepreneur devra s'assurer, avant de se lancer dans un projet d'investissement, que les firmes avec lesquelles il est complémentaire auront engagé des investissements adéquats. Dans ce sens, W. Powell (1987) cite l'exemple des producteurs de textile qui sont hautement spécialisés. Il remarque que plus chaque firme est distincte, plus elle dépend du succès des produits complémentaires offerts par les autres firmes. Mais l'entrepreneur devra également vérifier que ses concurrents n'engagent pas les mêmes investissements, ce qui anéantirait l'opportunité de profit. « A profit opportunity which is known by and available to everybody is available to nobody in particular » G.B. Richardson (1959, p.233). Le problème de la coordination se pose donc en termes d'adéquation entre investissements concurrents et complémentaires (J.L. Gaffard, 1995).

On parlera d'interdépendance organisationnelle lorsqu'une organisation ne contrôle pas entièrement toutes les conditions nécessaires pour atteindre une action ou un résultat (R. Bresser 1988). Ajoutée aux changements environnementaux, l'interdépendance peut poser des problèmes de prises de décision, car le succès des activités choisies par une organisation dépend des actions entreprises par les autres (J. Pfeffer et C.R. Salancik, 1978). Les firmes devront donc déterminer le niveau et la nature des investissements concurrents et complémentaires. Pour cela, il leur sera nécessaire de disposer de ce que G.B. Richardson nomme information technique ou information primaire et information de marché ou information secondaire.


[1] T.C. SCHELLING « Stratégie du conflit » Paris, PUF, 1960, 312 pages

[2] G.B.

RICHARDSON

 « Equilibrium expectations and information » The Economic Journal, June, 1959, vol. 69, pp. 223-237.

[3] W. POWELL « Hybrid organizational arrangements: new form or transitional development? » California Management Review, autumn 1987, vol. 30, pp. 67-87.

[4] J.L. GAFFARD « Information, coordination et organisation de l'industrie » pp.1-10 dans A. ASQUIN J.L. GAFFARD ET M. RAINELLI « Les nouvelles formes organisationnelles » Paris, Economica, 1995, 290 pages.

[5] R. BRESSER « Matching collective and competitive strategies » Strategic Management Journal, 1988, vol. 9, pp. 375-385.

[6] J. PFEFFER ET C.R. SALANCIK « The external control of organizations » Harper and

Rowe

,

New York

, 1978.

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05 mars 2005

L'organisation de l'inductrie selon Richardson

Il est assez étonnant que l'explication organisationnelle et comportementale des différents modes de coordination des activités économiques, que l'on retrouve dans des textes aussi anciens que ceux de Richardson (1972), n'ait pas davantage été opérationnalisée par les théoriciens et les chercheurs. L'ambition de Richardson est de proposer un modèle permettant de comprendre pourquoi les activités relèvent soit du marché, soit des firmes, soit de la coopération inter firmes. En ce sens, son analyse est, à l'instar de la théorie des coûts de transaction de Williamson (1971, 1985), celle des déterminants des modes de coordination mais sous proposition d'outils d'analyse différents. L'auteur invite à concevoir l'existence de mécanismes alternatifs de coordination des activités, non en termes de coûts de transaction, mais en termes d'activités et de capacités. La décision d'une structure de gouvernance ne repose donc pas seulement sur les coûts mais également sur les bénéfices productifs qui dérivent des qualifications et de la connaissance (Madhok, 2002). Williamson (1999) reconnaît que l'article de Richardson (1972) est de ce point de vue fondateur. La référence aux notions d'activité et de capacité conduit dès lors à inscrire une telle approche dans le prolongement de la logique d'un courant théorique, initié par Penrose en 1959, selon lequel les ressources et les capacités de la firme sont au fondement de la stratégie de long terme de l'entreprise (Grant, 1991). Richardson se distingue néanmoins de ce courant en ce sens que celui-ci n'aborde pas les raisons de l'avantage compétitif d'une firme, question théorique centrale des auteurs de la RBV, mais cherche plutôt à construire une théorie de l'organisation de l'industrie.

Le concept d'activité est au fondement de l'analyse de Richardson. Pour définir ce terme, l'auteur renvoie aux différentes fonctions exercées par la firme et qui relèvent de la réalisation de la production. L'industrie est en effet constituée d'activités diverses, représentant différentes phases d'un processus de production (activités de découverte et d'estimation des désirs, activités de recherche et développement, activités de design, activités de coordination des processus de production).

Selon Richardson les différentes activités doivent être menées par des entreprises dotées de capacités adaptées. La capacité de l'organisation étant fonction de ses compétences marketing, technologiques ou informationnelles. « And we have recognise that these activities have to be carried out by organizations with appropriate capabilities, or, in other words, with appropriate knowledge, experience and skills » 

Richardson

(1972, p.888). Ces deux concepts, d'activité et de capacité confèrent à l'industrie une fonction principale : la production. Le processus de production est alors présenté comme une séquence d'activités inter-reliées. Les activités ne se confondent pas avec les transactions et les produits, mais représentent différentes phases d'un processus de production.


[1] Dans son acception la plus étayée, le terme activité ne concerne pas seulement les activités de production. Il est possible de définir une activité en utilisant des critères technologiques liés au processus de production du produit, mais également en termes de familles de produits correspondant à des besoins spécifiques des consommateurs (pour la banque, par exemple, on parlera des particuliers, des PME ou des grandes entreprises).

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